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Alpi-F en Belledonne : Le Pic du Frêne revisité

Alpinisme / cascade
Rédigé par BernardC-285 le 29/08/2026
Modifié par BernardC-285 le 01/09/2026
Publié par FrancoisT-763 le 02/09/2026
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📋 Ceci est un compte-rendu de la sortie « Pic du Frêne en traversée S/N - Course de Réalisation - Alpi F »

Mardi 25 août à 5h30, c'est sous un ciel étoilé que nous prenons tous les quatre la direction de la vallée de la Maurienne pour un objectif enthousiasmant !

Pierre, notre encadrant, a déniché un rare (et sommaire) descriptif de l’ascension du Pic du Frêne, point culminant de Belledonne Nord (2807m) par la face Sud. Nous allons explorer et gravir cette mystérieuse face Sud, puis descendre par la plus classique épaule Nord-Est, que Pierre et moi avons déjà parcouru.

La pause CSV, sous la lumière crue d’une cafétéria anonyme, nous permet de faire plus ample connaissance et de former nos 2 cordées. Vivement l’ambiance des sommets !

A 7h15, cordes sur le sac, nous entamons une longue marche d’approche en remontant le vallon de Lescherette. Puis nous franchissons prudemment le versant Nord, fort pentu et glissant, du Col du Gollachon, sous la menace des aboiements d'un berger d’Anatolie. Il veille sur le troupeau de la Valette, estive que nous avions bien identifiée sur « Map Patou ». Pierre se montre à la fois observateur et rassurant : le molosse remue gentiment la queue, ouf !

Parvenus au col, nous basculons dans les pentes ensoleillées du vallon du Bacheux. Nous suivons maintenant la courbe de niveau pour rejoindre à bonne allure le fond du vallon plus minéral. Le terrain change, des chamois font une apparition aussi vive que fugace, nous grimpons dans un éboulis de plus en plus instable où chacun travaille son équilibre avec ou sans bâtons, terrain typique de Belledonne, un bon échauffement avant les choses sérieuses ! 

Franchissant une zone de gros blocs, nous parvenons sur un replat à 2500m, au pied du cirque terminal. 

La face Sud en vue, Pierre relit le court descriptif et nous pouvons alors visualiser l’itinéraire final à parcourir : le névé, le cône d’éboulis couleur ocre en pied de paroi, et enfin le couloir rocheux, passage clé de l’ascension, qui se montre encore timidement à notre regard.

Nous profitons d’une zone protégée des chutes de blocs pour nous équiper et échanger les dernières consignes, puis 50 m plus haut nous encorder court. Le cheminement est intuitif, et, à vue, nous remontons une première pente en « terrain à chamois », des anneaux à la main. La suite se dévoile enfin : le couloir se rétrécit, devenant presque cheminée, jamais difficile mais exposé. Un court passage redressé nécessite un assurage plus attentif. Précautions maximales pour tester les prises ! 

Nous débouchons dans la pente finale en rochers clairs, et atteignons la crête du Clocher du Frêne où la vue s’ouvre subitement vers l’Ouest : la Chartreuse, la cluse de Chambéry, les Bauges… Au premier plan surgit le Grand Crozet dont Pierre se remémore une ascension engagée. Le piton sommital du Pic du Frêne contourné par l’Ouest, nous terminons par les rochers plus francs supportant la croix. 

Il est 12h30. Heureux d’être en haut ! 

Le retour s’effectue par l’arête Nord Est, le Col de la Valette, les lacs et le vallon éponyme.

Un court passage exposé pour quitter le sommet nous conduit à nous assurer sur un gros bloc. 

Nous progressons lentement, toujours encordés, dans cette zone chaotique et raide. Pierre chemine en tête, choisissant les meilleurs passages. Ici contrairement à la montée, des cairns jalonnent le parcours. Cent mètres en contrebas du Col de la Valette, la pente moins forte et le terrain plus stable nous permettent de ranger les cordes.

Nous voici au pied des falaises bordant le couloir. Nous plongeons sur les lacs à l’eau cristalline, puis rejoignons le petit sentier qui nous conduit à Lescherette. Petite frayeur à proximité du Gollachon quand Corinne et Christelle entendent siffler des pierres provenant de la crête surplombante. Les chamois du matin ?

Au passage de l’estive, zut, nous réveillons le chien. Perturbé dans sa sieste, il aboie - tout en remuant gentiment la queue. Comme j’ai retenu la leçon, je suis serein :-) Plus bas, rencontre sympathique avec le berger et son aide qui préparent le ravitaillement du jour à dos d’âne : ils nous confirment le doux caractère du gardien du troupeau…

Il est 16h30 et nous voilà de retour au parking après une longue descente. Il y a maintenant un peu moins de myrtilles dans les bois, et un peu plus dans nos estomacs. Il nous reste enfin à affronter (surtout pour Pierre qui conduit) les 32 lacets (je les ai compté sur la carte) de la route forestière du Replat. Quel drôle de nom pour un versant aussi pentu !

Fin d’aventure autour d’un verre pour débriefer d’une magnifique journée passée en montagne, où chacun aura pu enrichir son expérience au contact des autres, et découvrir pour la première fois (ou la huitième !) un des plus chouettes sommets du coin – c’est un savoyard qui vous le dit : le Pic du Frêne.

L'objectif ensoleillé du jour, depuis les pentes Nord du Col du Gollachon

Au fond du vallon du Bacheux, la face Sud en vue. Il faudra monter par là !

Névé avec vue sur la Maurienne, on approche…

Equipés pour la suite, et bientôt encordés !

Le passage grimpant en partie haute du couloir cheminée.

Assurage d'un passage exposé, en quittant la croix sommitale

Descente en gros blocs sur l'épaule Nord-Est, en face du Grand Miceau, un autre chouette sommet du coin !

Les magnifiques lacs de la Valette, face aux Aiguilles d'Arves

Toutes les photos sont de l'auteur.