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GLACIER DE CHAVIÈRE ET ÉCOLE D'ARTIF

Alpinisme / cascade
Rédigé par EmmaB-e64 le 28/09/2026
Modifié par FrancoisT-763 le 28/09/2026
Publié par FrancoisT-763 le 28/09/2026
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📋 Ceci est un compte-rendu de la sortie « Cycle transition 1er weekend »

GLACIER DE CHAVIÈRE ET ÉCOLE D'ARTIF : premier WE de cohesion du cycle Transition de Manu et Laurent

Vendredi 18 septembre, roulement de tambours… le cycle “transition vers l'alpinisme" de Manu et Laurent commence ! Au programme de ce premier week-end : cohésion du groupe et révisions et apprentissages des bases de l'alpinisme sur le glacier de Chavière au dessus de Val Thorens et session d'artif sous Méribel. 

Une fois tout le monde dans le minibus le vendredi soir, la première étape de ce séjour sportif est… un restaurant à  Modane ! Rien de mieux pour commencer un week-end sur de bonnes bases. Nous montons ensuite de nuit au refuge non gardé 5 étoiles tenu par le CAF de Chambéry, au milieu des pistes de Méribel. Une fontaine, l’électricité, un four et une gazinière (pour le pisse-mémé du soir, essentiel ! ) et surtout, à l’étage, 11 bons matelas confortables, des couettes et des oreillers… Que demander de plus ? C’est royal ! Nous nous couchons tôt pour être frais et en forme pour la journée du lendemain qui s’annonce bien remplie.

Jour 1 : samedi 19/09 : Pieds en position 3 de danse classique et ouille ! les chevilles

Réveil à 6h30 pour un départ fixé à 7h30. Nous découvrons la vue du refuge en même temps que le lever de soleil et montons avec le minibus au-dessus de Val Thorens. Temps idéal, pas un seul nuage, ni trop chaud, ni trop froid, nous partons tous motivés pour cette première journée ensemble. 

Nous remontons les pistes de ski à pied en direction du col de Thorens (3102m). Une fois le col passé, nous quittons la montagne industrialisée pour une vue plus sauvage et naturelle avec, au loin, les aiguilles d’Arves et,  au nord, notre objectif de la journée : le glacier de Chavière sous l’Aiguile de Péclet et le Mont Gebroulaz. Nous chaussons crampons, guêtres et nous nous armons de nos piolets pour faire nos premiers pas sur le glacier. Nous nous arrêtons peu après pour notre premier atelier : techniques de marche en crampon en traversée et en pente.

Nous voilà maintenant (relativement) sereins sur nos appuis. Nous enchainons avec une série d'exercices de moufflage et de secours en crevasse. Nous sortons donc nos broches à glace, tiblock, poulie et microtrack et nous nous répartissons en deux groupes pour nous entraîner à sortir nos camarades de cordées (et nos sacs avec le pique-nique, tout aussi importants) de la crevasse. Nous retiendrons tous une information : ne pas utiliser un tiblock avec un mousqueton large de type HMS… les entailles sur la corde resteront dans nos mémoires !

Après une pause pique-nique bien méritée, nous partons en cordée de deux pour attaquer la deuxième partie du glacier : une montée plus raide avant un large plateau. Cette pente raide sera l’occasion d’expérimenter la montée « en crabe » avec croisement de jambe, super efficace pour monter dré dans l’pentu sans se fatiguer.

Une fois en haut, nous atteignons ce fameux plateau, torturé et crevassé, phase 3 de notre ascension. Voir le glacier ainsi découvert, en glace, sans neige, nous permet à tous de voir les zones à risque et de contrainte du glacier, proches des ruptures de pente.  Nous serons plus avertis et vigilants pour nos prochaines sorties à ski. 

Ces crevasses sont l’occasion de faire d’autres exercices pratiques de marche en crampons, de montée en pointes avants pour sortir des bosses plus raides. 

Et surtout, nous nous découvrons tous des mouvements insoupçonnés de chevilles ! Qui aurait pu croire que l’on pouvait se tordre volontairement autant les chevilles sans qu’elles ne se brisent en mille morceaux ?! 

Nous louvoyons donc entre les crevasses puis sur un terrain moins torturé pour atteindre notre dernière étape pour l’ascension de ce glacier. Ce qu’on pensait être, de loin, un mur de glace de 50 mètres de haut s’avère être une montée, certes raide, mais franchissable une fois qu’on s’approche du pied de la pente.

Nous raccourcissons l’encordement encore davantage et nous nous lançons donc dans cette dernière étape. Nous montons, concentrés sur nos pieds, notre rythme, notre respiration, avec de temps en temps, un coup d’œil sur les extrémités rocheuses de cette langue de glace sur laquelle nous évoluons, où régulièrement des rochers se décrochent et se fracassent quelques dizaines de mètres plus bas dans un bruit sourd. Après quelques changements de direction les pieds dans la pente, nous franchissons facilement la rimaye (ça n'aurait pas été la même affaire par la face nord où la rimaye donne beaucoup moins envie, même si elle est très photogénique) 

Nous atteignons le sommet du glacier au col de Gébroulaz avec une vue incroyablement dégagée sur, d’un côté, le Mont Blanc (plus si blanc à cette époque de l’année), les Grandes Jorasses, la Grande Casse et tant d’autres, et de l’autre côté, les Ecrins, le Thabor et les Aiguilles d’Arves. Magnifique ! 

Nous ne trainons pas et redescendons rapidement. Nous voulons être sortis du glacier avant que la nuit tombe. Tenter un passage des crevasses à la frontale… non merci ! La première partie de la descente nous chauffe allègrement les cuisses puis nous découvrons qu’il est possible de courir en descente quand la pente se fait moins raide, les pieds en canard, de manière tout à fait élégante ! Nos cuisses nous disent merci de cette découverte. Notre swag légendaire un peu moins… Heureusement, à part deux trois cailloux pour nous juger, personne, en dehors de nous 8, n’en aura été témoin.

Nous arrivons rapidement en bas du glacier, après quelques petits tests cachés de Manu que nous avons tous passés sans broncher. Même pas peur de passer entre deux crevasses sur un chemin plus étroit ! Nous ôtons les crampons, rangeons les piolets et sortons les bâtons de marche. La longue descente sur piste bleue nous attend. Nous arrivons au minibus avec les couleurs du soir et rentrons au chalet avec hâte… la tartiflette préparée à l’avance par Romain nous attend !

Jour 2 : Dimanche 20/09 : Planter de piton et autres joyeusetés d'artif

Après une nuit où nous avons dormi avec l’estomac bien rempli, nous nous dirigeons vers Levassais, où Manu a repéré un bout de falaise parfait pour le programme de la deuxième journée : présentation du matériel nécessaire pour la progression en TA, atelier pour parfaire la pose de protections, confection de relais, remontée sur corde, progression encordée…et l’atelier le plus attendu de tous : réaliser une voie en artif.

La journée est plus “cool” que celle de la veille et c’est après une très courte marche jusqu’au pied de la falaise que Manu et Laurent nous présentent le matériel que nous allons utiliser mais aussi quelques antiquités pour que nous prenions la pleine mesure de la chance que nous avons d’évoluer dans l’ère du matériel léger !

Pitons en acier mou, en acier dur, coinceurs de toute taille, quelques vieux friends et beaucoup de friends modernes, décoinceurs et étriers, chaîne à dépitonner…le début de matinée est consacré à la présentation du matériel avant de passer à la partie pratique.

Nous découvrons le chant des pitons et la pose de friends pour confectionner un relai mais aussi une toute autre réalité : enfoncer un piton est chose relativement aisée mais le retirer d’une fissure peut s’avérer plus compliqué. Merci à Laurent pour la leçon d’acharnement ! Nous continuons à faire nos gammes à plusieurs endroits différents et en essayant de varier les protections et les types de nœuds avant d’entamer la suite de la journée : la tant attendue ascension en artif d’une voie. 

C’est donc après une brève pause pour manger que nous mettons le pied à l’étrier (haha)... littéralement. Manu et Laurent ne sont pas non plus fous et c’est contre-assurés que nous ferons cet exercice. 

Place à la confusion et à la recherche des automatismes donc : pose de protection, pose de l’étrier, “agressive test”, montée sur l’étrier, vachage sur crochet, récupération de l’étrier du dessous pour recommencer la séquence. Ce serait mentir que de dire que l’ascension déroule mais nous avançons tous petit à petit, à notre rythme. 

Au fur et à mesure que les séquences s'enchaînent, nous arrivons à comprendre que l’artif est une tâche de besogneux et que la temporalité de cette nouvelle pratique pour nous est bien différente de l’escalade libre à laquelle nous sommes habitués. Nous finissons cet atelier par un peu de remontée sur corde (statique et à double). 

L’heure tourne et nous pouvons donc basculer sur le dernier atelier : un parcours alpin où nous allons devoir gérer l’encordement sur une courte arête. 

L’idée de cet atelier est d’acquérir des automatismes dans la progression encordée : la 1ère longueur grimpe un peu, ce qui nous permet de tirer une vraie longueur. Puis ce sera une succession de passages en corde tendue ou avec les anneaux à la main quand la difficulté décroît. C’est aussi le 1er weekend et nous découvrons aussi les habitudes des uns et des autres : l’ambiance est bonne donc il ne fait aucun doute que la communication au sein des cordées progressera rapidement. Une fois le parcours fini, nous redescendons tous par un rappel et s’ensuit le classique rangement de matériels lors duquel il manque toujours un mousqueton… C’est déjà l’heure de rentrer sur Chambéry et le débrief de la journée se fait dans le minibus.

Vivement la prochaine sortie pour de nouvelles aventures !

Rédaction : Pierre et Emma

Crédits Photos : Pierre, Killian, Victor, Laurent, 

Marine, Manu, Romain et Emma